Le type qui a inventé la carte de vœux est un sale type.
Je m’explique.

Chaque année je me noie dans mon projet annuel des « cartes de vœux » (les guillemets sont importants là). Oui, chaque année j’envoie un « petit quelque-chose » (là aussi) à mes clients pour leur souhaiter une toute belle nouvelle année. Et chaque fois, j’imagine un projet dingue. L’année dernière par exemple, ça a donné à peu près ça : « haaan, et si je réalisais un livre de 13 photos pour fêter 2013. Trooop bien ! Trooop cool comme idée, ça va être super top chouette, je vais m’éclater ! ». Ce qui implique, je résume : – recruter un mannequin – organiser un shooting, – faire le shooting (maquillage, stylisme, repérage des lieux, organisation de la journée, etc…) – dérushage – mise en page du fameux bouquin (40 pages en tout, un petit rien du tout) – trouver l’imprimeur – choisir les papiers – faire imprimer – personnaliser chaque livre par un joli mot mignon tout plein – emballer dans un jooooli papier de soie avec pliage à la japonaise et motif en poudre pailletée (sinon c’est pas drôle) – tout mettre sous pli, tout envoyer. Bref, le cauchemar ! Appelons un chat un chat. Chaque année, quand je baigne dans ce grand n’importe quoi à courir après le temps, je me dis : – mais pourquoi ? POURQUOI ?? POURQUOIIII ??? t’as eu cette idée à la c** ? Pourquoi tu fais pas plutôt un truc tout bête, tout simple ? Pourquoi ? Hein? Dis ?

Et puis une fois que tout est fini, emballé, pesé, envoyé, reçu et que j’ai des retours super positifs, ben je me dis que c’était chouette, que ça valait le coup. Et donc je raconte à qui veut bien l’entendre (à prononcer la bouche en cœur) « – Ouai tu sais moi chaque année ma carte de vœux c’est un vrai projet à part entièèère, j’adooore, je m’éclate, c’est trop le top ! ». Fermez les guillemets. Arrêtons là le massacre de l’insupportable. Tais-toi bécasse !

Et puis l’année file, se termine. Et quand arrive la fin décembre, qu’il est temps de penser aux traditionnels vœux de fin d’année, qu’est-ce qu’elle se dit dans sa petite tête ?
• Raaaaaaanh, j’ai une super idée pour la carte de vœux cette année ! Haaan, ça va être trop bien, on va s’éclater.
Voilà.

Bilan, aucune leçon retenue. Non non, aucune.
Je viens tout juste de finir l’envoi des plis pour 2014. L’ho-rreur. N’importe quoi. Moi et mes idées à la c**. T’inquiète que dans 3 jours je reprendrai mon discours de bécasse là où je l’avais laissé. Pour le moment j’en suis encore à la phase du MAIS POURQUOIIII ? Et puis comme je suis trop mignonne avec mes petites idées, cette année j’avais juste oublié un détail. Un petit détail. De rien du tout. Mes cartes elles ne rentraient pas dans des enveloppes, trop grandes, trop fragiles, tout ça. Bref. Pas de souci me suis-je dit, je vais commander des petits cartons pour tout envoyer. J’ai donc gentiment commandé et préparé mes 50 petits cartons. Un petit carton c’est mignon. 50 petits cartons, ça prend juste une place de dingue! Et là, la question que mon cerveau m’a tranquillement posée c’est : « Mais comment je vais faire pour amener ce mètre cube de cartons jusqu’à la Poste? Comment hein? Ah tiens, il pleut. Ah oui, c’est marrant ça, il pleut et j’ai 50 cartons à amener à la poste qui est à un kilomètre du bureau. » Noooon, ça n’a pas du tout été le bordel. Pas du tout!

Donc, je vous le dis tout droit : le type qui a inventé la carte de vœux est un sale type.

(Je vous fais un petit article dans quelques jours pour vous dévoiler le « petit quelque-chose » de cette année. HAHAHA. Laissez-moi rire.)